Summary
Un article sur Pierre Séguy et son émission radiophonique légendaire « Chanson de Paris » sur Saarländischer Rundfunk (SR).
✅ Points essentiels :
– Pierre Séguy comme bâtisseur de ponts entre la Sarre et la culture de la chanson française.
– La mélodie emblématique de l’émission : « Les Copains d’abord » de Georges Brassens.
– L’importance de l’émission pour les Sarrois francophiles.
– Une valeur émotionnelle : non seulement une émission musicale, mais une fenêtre sur l’art de vivre français, la mélancolie, l’amitié.
– Lien avec le bistrot « Les Copains d’abord » à Metz, devenu aujourd’hui un lieu de mémoire.
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Cet article est disponible en : 🇩🇪 Allemand
Les Copains d’abord
Souvenirs de Pierre Séguy et de son émission Chanson de Paris
L’émission commençait toujours par l’inoubliable intro de guitare de Georges Brassens, Les Copains d’abord — un petit riff reconnaissable entre mille, qui installait aussitôt l’ambiance. Dès que retentissaient les premières notes, le quotidien s’effaçait à l’arrière-plan. La Sarre, cette petite région frontalière entre l’Allemagne et la France, s’ouvrait alors, l’espace d’une heure, vers le cœur de Paris.
Puis venait la voix. Chaleureuse, cultivée, posée, avec ce subtil accent français qui, à lui seul, était déjà une promesse :
« Chers amis de la chanson, bonsoir. »
Chers amis de la chanson, bonsoir. Ainsi Pierre Séguy ouvrait-il son émission Chanson de Paris sur la radio sarroise — une émission qui, pendant plus de trente ans, offrait bien plus qu’un simple programme radiophonique. C’était un rituel, un pont, une fenêtre ouverte sur un monde fait de musique, de poésie et de douce mélancolie.
Pierre Séguy, né en 1921 à Vienne sous le nom d’Otto Robert Steinschneider, était un homme qui fuyait les feux de la rampe. Après avoir connu la guerre et participé activement à la Résistance, il arriva en Sarre après la Seconde Guerre mondiale, en tant que membre de l’administration française d’occupation. C’est là qu’il trouva son foyer. Séguy devint journaliste à la radio sarroise et, à partir des années 1970, il apporta à l’antenne sa grande passion : la chanson française.
Dans Chanson de Paris, il parlait en amoureux. Il connaissait les histoires, les visages derrière les voix, comprenait les métaphores, les sous-entendus politiques, les subtilités linguistiques.
Pour la Sarre, cette émission avait une signification particulière. La Sarre ressemble à une chanson, un chanson entre l’Allemagne et la France, entre charbon et culture, entre la sobriété allemande et la mélancolie française. Pour la génération née après la guerre, la France représentait plus qu’un simple voisin. C’était un désir, un mythe, une promesse. Pierre Séguy réalisait cette promesse, semaine après semaine. Son émission ouvrait une fenêtre sur le monde de la chanson française et tendait simultanément un miroir à l’auditeur. Celui qui écoutait y découvrait désir, étrangeté, passion.
Imagine : tu as 20 ans. La Sarre te paraît étroite, le monde petit, les possibilités limitées. Chaque dimanche soir, tu allumes la radio sur SR, la musique commence, et soudain, la pièce s’élargit. Piaf chante l’amour, Ferré la révolte, Brel l’excès. Tu écoutes, tu apprends, tu rêves — et chaque fois que Séguy termine son émission, tu restes assis quelques minutes, en pensant : pendant une heure, j’étais ailleurs. Pour un Sarrois francophile, Chanson de Paris était plus qu’une émission radio. C’était une école de mélancolie, de poésie, d’insoumission. Cela façonnait l’identité.
Nous sommes en décembre 1995. La dernière émission de Chanson de Paris est diffusée. L’intro familière retentit une dernière fois : Les Copains d’abord, ces accords familiers qui étaient devenus au fil des années la bande-son du dimanche soir. Pierre Séguy prend la parole, avec la même chaleur, la même dignité qu’à son habitude : « Chers amis de la chanson, bonsoir. » Ce soir-là, quelque chose flotte dans l’air. Ce n’est plus une simple salutation. C’est un adieu.
Alors qu’il présente ses artistes — peut-être une dernière fois Aznavour, Gréco, Barbara — les auditeurs écoutent le cœur partagé. Ce soir-là, ce n’est pas seulement une émission qui s’achève. C’est une époque qui se termine. Une époque où la radio offrait divertissement et compagnie. Une époque où un Sarrois amoureux de la France trouvait, semaine après semaine, un petit bout de foyer — au-delà de la frontière, au cœur de son salon. Une époque où un homme comme Pierre Séguy montrait que la chanson était bien plus qu’une mélodie. C’était une vie.
Parfois, quand je retourne à Metz, je vais dans une brasserie qui est bien plus qu’un simple établissement : Les Copains d’abord. Le nom au-dessus de la porte porte en lui mémoire, chanson, un salut silencieux à Pierre Séguy, à son émission, à une époque où la vie entre l’Allemagne et la France était portée par des voix, par une présence véritable.
Je m’assois là, je commande une assiette simple — peut-être un entrecôte, peut-être une quiche — et un verre de vin rouge. Alors que je prends la première gorgée, je les entends dans ma tête : les vieilles voix. Aznavour chantant les occasions manquées. Barbara, qui embrasse Göttingen d’une voix brisée. Brel, qui hurle au-delà des limites de son monde. Et Séguy, qui guide doucement et élégamment entre les chansons.
À ce moment, la brasserie se transforme en écho. Un écho discret d’un temps beau et révolu. Je souris doucement, je lève mon verre et je pense : Les copains d’abord. Aux amis, à la musique, à tout ce qui reste.
Les copains d’abord
| Französisches Original | deutsche Übersetzung |
|---|---|
| Non, ce n’était pas le radeau De la Méduse, ce bateau |
Nein, es war nicht das Floß der Medusa, dieses Boot |
| Qu’on se le dise au fond des ports | Das soll man sich in allen Häfen erzählen |
| Il naviguait en père peinard Sur la grand-mare des canards |
Es segelte wie ein ruhiger Alter auf dem großen Ententeich |
| Et s’appelait les Copains d’abord | Und es hieß „Die Freunde zuerst“ |
| Ses fluctuations de flot Ne faisaient pas peur aux matelots |
Seine Schwankungen erschreckten die Matrosen nicht |
| Et les virages à la corde À la barre, les copains d’abord |
Und bei engen Kurven standen immer die Freunde am Ruder |
| C’étaient pas des amis de luxe Des petits Castor et Pollux |
Es waren keine Luxusfreunde, keine kleinen Castor und Pollux |
| Des gens de Sodome et Gomorrhe Non, c’étaient pas des anges non plus |
Keine Leute aus Sodom und Gomorra Nein, Engel waren sie auch nicht |
| L’Évangile, ils l’avaient pas lu Mais ils s’aimaient, tout’s voiles dehors |
Die Bibel kannten sie nicht Aber sie liebten sich mit vollen Segeln |
| Toutes voiles dehors, les copains d’abord | Mit vollen Segeln, die Freunde zuerst |
| C’étaient pas des amis choisis Par Montaigne et La Boétie |
Es waren keine Freunde aus Montaignes und La Boéties Auswahl |
| Sur le ventre ils se tapaient fort Les copains d’abord |
Sie klopften sich kräftig auf den Bauch Die Freunde zuerst |
| Au moindre coup de Trafalgar C’est l’amitié qui prenait l’quart |
Beim kleinsten Unwetter übernahm die Freundschaft die Wache |
| C’est elle qui leur montrait le Nord À eux, les copains d’abord |
Sie zeigte ihnen den Weg den Freunden zuerst |
| Et quand ils étaient en détresse Qu’leurs bras lançaient des S.O.S. |
Und wenn sie in Not waren, wenn ihre Arme SOS riefen |
| On aurait dit des sémaphores Les copains d’abord |
Dann sah man sie wie Signalmasten die Freunde zuerst |
| Au rendez-vous des bons copains Y avait pas souvent de lapins |
Beim Treffpunkt der guten Freunde gab es selten Absagen |
| Quand l’un d’entre eux manquait à bord C’est qu’il était mort |
Wenn einer fehlte an Bord, dann nur, weil er gestorben war |
| Oui, mais jamais, au grand jamais Son trou dans l’eau ne se refermait |
Ja, aber niemals, wirklich niemals schloss sich sein Platz im Wasser |
| Cent ans après, coquin de sort Il manquait encore |
Hundert Jahre später, verdammt noch mal, fehlte er immer noch |
| Des bateaux, j’en ai pris beaucoup Mais le seul qui ait tenu le coup |
Ich habe viele Boote gesehen, aber das einzige, das durchhielt |
| Qui n’ait jamais viré de bord Mais viré de bord |
Das nie den Kurs änderte nur um zu ändern |
| Naviguait en père peinard Sur la grand-mare des canards |
Segelte wie ein ruhiger Alter auf dem großen Ententeich |
| Et s’appelait les Copains d’abord Les Copains d’abord |
Und hieß „Die Freunde zuerst“ Die Freunde zuerst |
Eine Reflexion über Freundschaft
🌊 Worum geht es in „Les Copains d’abord“?
Das Lied ist eine Hymne auf die Freundschaft – aber nicht irgendeine Freundschaft, sondern eine raue, bodenständige, unprätentiöse Freundschaft.
Brassens benutzt das Bild eines kleinen, einfachen Bootes – es heißt „Les Copains d’abord“ (Die Freunde zuerst) – das auf dem Wasser schwimmt, nicht aus Luxus, nicht aus Glanz, sondern weil es von Loyalität, Zusammenhalt und Treue getragen wird.
Er sagt ganz klar:
Es geht nicht um große Namen, berühmte Helden, biblische Figuren oder große Intellektuelle – die „Copains“, diese einfachen Freunde, sind das, was wirklich trägt.
Sie sind es, die bei Unwettern zusammenhalten, die einander nicht im Stich lassen, die niemanden vergessen, auch dann nicht, wenn einer schon gestorben ist.
🛶Die Bilder
* **Das Floß der Medusa**: Ein berühmtes Bild aus der französischen Geschichte (und Kunst, durch das Gemälde von Géricault), das für Schiffbruch, Drama, Tragödie steht. Brassens sagt: Unser Boot ist nicht so – wir gehen nicht unter, wir bleiben zusammen.
* **Die großen Namen (Montaigne, La Boétie, Castor & Pollux, Engel)**: Diese Freunde sind keine perfekten Ideale oder mythologischen Figuren. Sie sind echt, unperfekt, manchmal rau, manchmal sogar vulgär – aber ehrlich.
* **Die Freundschaft als Kompass**: Wenn Stürme kommen, wenn es schwer wird, ist es die Freundschaft, die den Kurs hält, die Richtung gibt.
* **Das Bild des Fehlens**: Wenn einer der Freunde stirbt, bleibt sein Platz für immer leer, niemand füllt ihn aus – er bleibt Teil der Gruppe, auch in der Erinnerung.
🎶 Warum ist dieses Lied so besonders?
Weil es das Thema Freundschaft auf eine zutiefst menschliche, uneitle Art behandelt.
Brassens schreibt keine große Hymne, kein schwelgendes Gedicht, sondern ein liebevolles, ironisches, weises Lied darüber, wie wichtig es ist, jemanden zu haben, der bleibt.
Er beschreibt, wie Menschen zusammenhalten, nicht weil sie perfekt sind, sondern weil sie gemeinsam durchs Leben segeln – und dieses Segeln, dieses „in Bewegung bleiben“, ist das, was zählt.
🌊 Les Copains d’abord – Eine Reflexion über Freundschaft
Es gibt Lieder, die uns begleiten. Georges Brassens’ „Les Copains d’abord“ gehört dazu.Dieses Lied feiert die Freundschaft als etwas Echtes, Bodenständiges, manchmal rau, immer ehrlich.
Das kleine Boot aus dem Lied bleibt auf Kurs, weil alle an Bord zusammenhalten.Keine Helden, keine Engel, keine Philosophen. Einfach Freunde.Die Menschen, die bleiben, wenn Stürme toben.Die Menschen, die den Weg zeigen, wenn alles aus den Fugen gerät. Und selbst wenn einer fehlt, bleibt sein Platz Teil der Erinnerung. Wahre Freundschaft füllt keine Lücken – sie knüpft Bänder, die Zeit und Leben verbinden.
Wer „Les Copains d’abord“ hört, spürt sofort: Hier geht es nicht um große Gesten oder schöne Worte. Hier geht es um echte Momente, um den Tisch, das Glas, das Lachen, das warme Gefühl, angekommen zu sein. Hier sind die Freunde – immer zuerst.




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Markus Lüpertz Porträtkarikatur
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